03.04.25
(mis à jour le 25.06.26)
La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) marque une évolution majeure en matière de reporting extra-financier des entreprises. Cette nouvelle réglementation impacte les obligations des entreprises en matière de durabilité, selon plusieurs axes :
- Un volume d’informations à fournir plus important, couvrant les 3 piliers ESG (Environnement, Social et Gouvernance) ;
- L’utilisation obligatoire de normes de reporting spécifiques (les normes ESRS - European Sustainability Reporting Standards) ;
- Une vérification obligatoire du rapport de durabilité, donnant lieu à un rapport de certification.
Si ce cadre exigeant se met en place progressivement, il continue d’évoluer au fil des ajustements apportés par les textes européens.
La publication de la directive Omnibus 1 en juin 2025 et l’adoption de la version amendée des normes ESRS qui doit intervenir d’ici la fin de l’été 2026, apportent des ajustements et clarifications visant à rationaliser et harmoniser certaines obligations de reporting (périmètre des entreprises concernées, volume de données à publier, modalités d'application).
Dans ce contexte, les entreprises ont tout intérêt à adopter une approche pragmatique, progressive et adaptable, sans perdre de vue l'objectif de fond : rendre les performances extra-financières des entreprises plus comparables et fiables, afin d'orienter les investissements vers des modèles économiques durables.
Concrètement, quelles sont les conséquences actuelles de la CSRD pour votre entreprise ? Gouvernance, analyse de double matérialité, collecte des données ESG, contrôle interne, audit de durabilité et évolution de la stratégie RSE : décryptage par nos consultants en développement durable et nos auditeurs en durabilité.
Quels sont les impacts de Directive CSRD sur la gouvernance des entreprises ?
La directive CSRD marque un tournant significatif dans la gouvernance en entreprise. L’obligation de publier un rapport de durabilité entraîne une transformation du rôle des organes de direction, d'administration et de surveillance. Ces derniers doivent désormais intégrer les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) au cœur de leur stratégie, tout en développant les compétences nécessaires pour en assurer le suivi.
L'analyse de la double matérialité constitue la pierre angulaire de la CSRD. Elle permet aux entreprises d'identifier les enjeux ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) les plus significatifs pour leur activité et leur chaîne de valeur en distinguant ceux qui ont un impact sur leur performance financière de ceux qui influencent leur empreinte sociale et environnementale.
Cette approche permet d’élaborer une stratégie de développement durable globale, fondée sur une gestion des impacts positifs et négatifs liés à ces enjeux majeurs.
⚠️ Cependant, il est important de suivre de près les discussions autour de la publication des normes ESRS amendées, car elle pourrait influencer la manière dont la double matérialité est interprétée et mise en œuvre.
La mise en œuvre de cette stratégie requiert des investissements financiers et humains. Un engagement de tous les niveaux de la gouvernance est donc nécessaire pour garantir la réussite de cette transition vers un modèle d'affaires plus durable.
💡 Bon à savoir : Bien que la directive CSRD ne prévoie pas de sanctions en cas de non-atteinte des objectifs fixés dans le rapport de durabilité, le caractère public de ce reporting constitue une pression pour les entreprises.
Une transformation de la collecte et du traitement des données ESG
La CSRD implique la collecte et la publication d'un volume important de données ESG. Toutefois, dans le cadre des travaux de simplification portés par la directive Omnibus I, une réduction significative de 60% du nombre de points de données ESRS est attendue et sera précisée lors de la publication des normes ESRS amendées. Celle-ci vise à réduire le nombre de données à collecter, en privilégiant les indicateurs quantitatifs au détriment des indicateurs qualitatifs.
Les entreprises doivent donc structurer leur dispositif de reporting tout en conservant une capacité d'adaptation aux évolutions réglementaires grâce à des outils flexibles et adaptables.
Si certaines de ces données existent déjà au sein des entreprises, une part importante nécessite des ajustements. Cela implique une réorganisation complète des processus de collecte et de traitement des données ESG (Environnement, Social, Gouvernance) au sein des organisations. Concrètement, voici les principaux changements à mettre en œuvre :
Réorganiser vos processus
Les entreprises doivent revoir certains de leurs processus pour garantir la collecte des données nécessaires à la construction du rapport de durabilité.
Par exemple, les équipes en charge de la sélection des fournisseurs devront intégrer le suivi de nouveaux critères dans leur processus décisionnel (tels que l'impact carbone du fournisseur, l'origine des matières premières utilisées…).
Former vos collaborateurs
La collecte et le traitement des données ESG dans le cadre de la directive CSRD nécessitent également une formation des collaborateurs de l’entreprise pour s'assurer qu’ils comprennent les nouvelles exigences et qu’ils s’approprient les changements à instaurer.
Utiliser des outils adaptés
Cette collecte de données doit permettre de répondre aux exigences réglementaires, mais aussi de garantir une traçabilité des informations suivies. L’utilisation d’outils dédiés devient alors indispensable pour centraliser ces données, afin de pouvoir présenter un rapport de durabilité clair, cohérent et auditable.
💡 Bon à savoir : Ces outils permettent non seulement de collecter efficacement les données nécessaires, mais aussi de simplifier le pilotage de votre démarche CSRD.
Une évolution du contrôle interne et de l’audit de durabilité
La CSRD impose un cadre strict en termes de reporting. Elle nécessite la certification de votre rapport de durabilité par un auditeur externe indépendant. Ces auditeurs doivent être accrédités et posséder des compétences spécifiques en matière de durabilité et d’audit des informations ESG. On parle alors d’ « auditeurs de durabilité ». Concrètement, leur mission consiste à garantir que les rapports de durabilité produits par les entreprises sont fiables, transparents et conformes aux normes établies.
⚠️ Les modalités de l'audit pourraient être amenées à évoluer. Il est donc conseillé de choisir un partenaire d'audit qui suit de près ces évolutions.
Pour garantir votre conformité à ces exigences de reporting, vous devez nécessairement mettre en place un processus de contrôle interne adapté. Ce processus doit permettre de veiller à ce que toutes les données de votre rapport respectent les critères requis par la directive CSRD.
💡 Bon à savoir : La certification de votre rapport de durabilité ne se limite pas à une simple obligation légale. Elle constitue aussi un levier stratégique pour démontrer votre engagement en matière de durabilité auprès de vos parties prenantes, de plus en plus sensibles aux enjeux ESG (établissements financiers, clients…).
Une évolution de la culture d’entreprise et de la stratégie RSE
La production de votre premier rapport de durabilité implique une réflexion approfondie, nécessitant l’analyse détaillée de votre chaîne de valeur et l’identification des enjeux ESG significatifs liés à votre activité. Cette démarche encourage votre entreprise à remettre en question ses processus internes, ses pratiques et ses objectifs de développement.
C’est là qu’une véritable évolution de la culture de votre entreprise s’opère. Les actions que vous mettrez en place pour répondre aux enjeux ESG identifiés peuvent effectivement conduire à redéfinir votre stratégie, tant en matière de performance économique que de responsabilité sociale et environnementale.
💡 Bon à savoir : La publication de votre rapport de durabilité étant publique, il représente également un enjeu pour l’image de votre entreprise et de votre marque employeur.
👉 La directive CSRD impose aux entreprises plus de transparence et d’engagement en matière de durabilité. Au-delà de la conformité réglementaire, elle représente une opportunité stratégique pour repenser votre organisation, afin de l’orienter vers un modèle de développement plus durable, une évolution nécessaire pour renforcer sa compétitivité.
En anticipant les changements nécessaires, vous transformez la directive CSRD en un levier de différenciation et de valorisation auprès de vos parties prenantes.

Nos consultants en développement durable et nos auditeurs en durabilité
vous accompagnent tout au long de votre démarche CSRD
FAQ
- Qu’est-ce que la directive CSRD ?
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La directive CSRD est une réglementation européenne qui impose à certaines entreprises de publier un reporting de durabilité détaillé sur leurs impacts (positifs et négatifs) leurs risques et leurs opportunités environnementaux, sociaux et de gouvernance.
- Quelles entreprises sont concernées par la CSRD ?
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La CSRD concerne progressivement les grandes entreprises européennes, certaines sociétés cotées ainsi que, sous conditions, certaines entreprises non européennes réalisant une activité significative dans l’Union européenne. Le périmètre des entreprises concernées est toutefois susceptible d’évoluer dans le cadre des mesures de simplification prévues par la directive Omnibus 1. Il est donc important de vérifier régulièrement les seuils applicables à votre entreprise.
- Quels sont les principaux impacts de la CSRD pour les entreprises ?
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La CSRD impacte principalement la gouvernance, la collecte des données ESG, les processus de reporting, le contrôle interne et la culture d’entreprise.
- Qu’est-ce que le rapport de durabilité ?
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Le rapport de durabilité est un document qui présente les informations ESG d’une entreprise selon les normes européennes ESRS. Il doit être fiable, comparable et auditable.
- Pourquoi anticiper la mise en conformité CSRD ?
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Anticiper la CSRD permet de structurer les données ESG, d’adapter les processus internes, de mobiliser les équipes et de transformer cette obligation réglementaire en levier stratégique.
- Quels sont les risques en cas de non-conformité à la CSRD ?
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En cas de non-conformité, l’entreprise s’expose à des risques réglementaires, réputationnels et financiers. Au-delà d’éventuelles sanctions, un reporting de durabilité incomplet ou insuffisamment fiable peut fragiliser la relation avec les investisseurs, les clients, les partenaires commerciaux et les établissements financiers, de plus en plus attentifs aux engagements ESG des entreprises.